Goubet al-Kharab : le gouffre des Démons

Le Goubet al-Kharab est une anse profonde du golfe d'Aden, dans la région de Tadjourah, séparée du golfe de Tadjoura par une passe au courant violent. Le catalogue Dalmar et l'article de Wikipédia consacré au Ghoubbet la décrivent bordée de falaises de 600 mètres, profonde de 200 mètres, et abritant deux îlots volcaniques appelés les îles du Diable. Le volcan Ardoukoba la sépare du lac Assal.
La graphie retenue est « Goubet al-Kharab ». Le lieu s’écrit aussi Ghoubbet el-Kharab, Goubbet al-Kharab ou Goubet El Kharab selon les sources. Il s’agit du même endroit : une anse fermée par une passe étroite, entre le golfe de Tadjoura et le corridor qui mène au lac Assal.
Qu’est-ce que le Goubet al-Kharab ?
Le Goubet al-Kharab est une anse du golfe d’Aden, dans la région de Tadjourah, refermée sur elle-même par une passe étroite au courant violent. C’est cette passe qui la sépare du golfe de Tadjoura, et c’est elle qui donne au lieu son caractère : une mer intérieure, encaissée, où l’eau circule fort.
Le catalogue Dalmar attribue à l’anse une origine tectonique : un effondrement de l’écorce terrestre. Le paysage correspond — roches noires ou fauves, lave figée, pics, contours d’anciens cratères, et de rares taches vertes accrochées aux reliefs.
Autour, les montagnes et les falaises ferment l’horizon. Le catalogue et l’article consacré au Ghoubbet les chiffre à 600 mètres de haut ; l’anse elle-même est décrite comme profonde de 200 mètres, avec des parois qui plongent directement dans la mer.
Une précision de géographie, parce que les deux lectures circulent. L’article consacré au golfe de Tadjoura inclut le Ghoubbet dans sa partie ouest, et rappelle que ce golfe est lui-même né de l’ouverture du rift est-africain. L’article consacré au Ghoubbet insiste, lui, sur la passe qui l’en isole. Les deux descriptions ne se contredisent pas : elles décrivent la même baie à deux échelles — l’extrémité d’un golfe, et un plan d’eau que son goulet rend presque autonome.
Pourquoi l’appelle-t-on le « gouffre des Démons » ?
Le nom est une traduction de l’arabe : Goubet al-Kharab, le gouffre des Démons. Deux récits se superposent.
Le premier est une histoire de djinns. Les Djiboutiens racontent que des créatures surnaturelles, capables de prendre des formes variées, attirent ceux qui s’approchent des îles. Le second récit, rapporté par le catalogue dans sa description de la plage, raconte une grande montagne couronnée de feu, engloutie par les eaux, laissant derrière elle un gouffre où les démons resteraient enfermés.
Ces récits ne sont pas des données géologiques, et personne ne les présente comme telles. Ils expliquent en revanche pourquoi le lieu est resté, dans l’imaginaire local, un endroit à part — un endroit où l’on ne s’attarde pas après le coucher du soleil.
| Repère | Donnée | Origine |
|---|---|---|
| Nature du site | Anse du golfe d’Aden, fermée par une passe étroite | Catalogue et article consacré au Ghoubbet |
| Falaises | 600 m de haut | Catalogue et article consacré au Ghoubbet |
| Profondeur de l’anse | 200 m | Catalogue et article consacré au Ghoubbet |
| Îles | Deux îlots volcaniques, dits îles du Diable | Catalogue et article consacré au Ghoubbet |
| Origine annoncée | Effondrement de l’écorce terrestre | Catalogue |
| Voisinage | Le volcan Ardoukoba la sépare du lac Assal | Catalogue et article consacré au Ghoubbet |
| Écart de niveau | Jusqu’à 1 m avec le niveau de la mer, selon les marées et les vents | Article consacré au Ghoubbet |
| Région | Tadjourah | Catalogue |
Que sont les îles du Diable ?
Au milieu de l’anse émergent deux îlots volcaniques, aux formes arrondies et d’altitude modeste. Ce sont les îles du Diable. Leur silhouette en dôme est l’une des images les plus reproduites de Djibouti.
Le catalogue signale, sur ces îlots, des coquilles d’huîtres et les instruments servant à les ouvrir, datés de plus de 6 000 ans selon ces données. C’est une indication archéologique de première importance — elle suggère une fréquentation ancienne du site — et nous la rapportons comme une donnée de catalogue, sans pouvoir la recouper par une publication accessible.
Prévoyez donc de regarder, pas de fouiller. Un site de cette nature se visite sans rien prélever.
Pourquoi le courant y est-il si violent ?
Tout tient à la géométrie du lieu. L’anse est presque fermée : l’eau n’y entre et n’en sort que par une passe étroite. À chaque marée, un volume considérable d’eau doit traverser un goulet réduit, ce qui accélère le flux.
L’article consacré au Ghoubbet ajoute un effet mesurable : l’anse peut présenter jusqu’à un mètre de différence avec le niveau de la mer, en raison de l’étroitesse de la passe, des marées et des vents.
Conséquence pratique : le courant n’est pas constant. Il se renforce et faiblit avec la marée, et il peut rendre un site facile difficile en quelques heures. C’est précisément ce qui a attiré ici des plongeurs et des scientifiques — le commandant Cousteau est cité par le catalogue comme l’un des visiteurs du site — et c’est aussi ce qui impose de plonger encadré.
Que peut-on faire dans le Goubet al-Kharab ?
Le catalogue cite plusieurs usages : la pêche, le kitesurf, la randonnée palmée et la plongée sous-marine. L’article consacré au Ghoubbet précise que la richesse des eaux attire des pêcheurs venus de la ville de Djibouti, et que les fonds abritent poissons et requins, poussés par les courants du golfe.
Pour la plongée, l’anse se combine naturellement avec le reste du littoral de Tadjourah. Notre page sur la plongée à Djibouti décrit les sites du pays et les niveaux requis.
À terre, l’anse se découvre depuis les hauteurs. Le belvédère qui la surplombe est un arrêt classique du trajet vers le lac Assal, et le volcan Ardoukoba, juste à côté, se visite dans la même journée.
Où se situe le Goubet et comment y accéder ?
L’anse occupe le fond du golfe de Tadjoura, dans la région de Tadjourah. Elle s’inscrit dans un corridor géologique remarquable, entre le volcan Ardoukoba qui la sépare du lac Assal et la route qui relie Tadjourah au reste du pays.
Deux accès coexistent. Par la route, on découvre l’anse d’en haut : le belvédère offre la vue sur les îles du Diable et sur les falaises. Par la mer, on la découvre de l’intérieur : bateau, pêche, randonnée palmée. Un campement permet de dormir sur place, ce qui évite de repartir dans la chaleur de l’après-midi.
Nous ne publions pas de durée de trajet : elle dépend du point de départ, de l’état de la piste et des arrêts. Pour la logistique, voyez la location de 4×4 avec chauffeur et notre page sur les campements et écolodges.
Que faut-il savoir avant d’y aller ?
- Le courant ne se négocie pas. Baignade et randonnée palmée dans les zones calmes uniquement ; plongée encadrée pour la passe et les sites exposés.
- Il n’y a pas de surveillance de baignade ni de secours organisé sur place. Personne ne viendra vous chercher.
- Prévoyez beaucoup d’eau et de quoi vous protéger du soleil : le site est minéral, sans ombre, et la réverbération sur l’eau est forte.
- Le vent se lève vite. Une sortie en bateau peut être écourtée ou annulée sans préavis.
- Aucune observation animalière n’est garantie, ni les requins, ni les requins-baleines signalés dans le secteur.
- Ne rien prélever sur les îlots, y compris les coquilles : ce sont des vestiges, pas des souvenirs.
Questions fréquentes
Pourquoi le Goubet al-Kharab s'appelle-t-il le gouffre des Démons ?
Le nom vient de l'arabe : Goubet al-Kharab signifie « le gouffre des Démons ». Deux récits circulent. Le catalogue rapporte des légendes de démons qui attireraient ceux qui s'approchent des îles, et de djinns capables de prendre toutes les formes. Une autre version raconte une montagne couronnée de feu, engloutie par les eaux, dont les démons seraient prisonniers. Rien de tout cela n'est vérifiable — c'est du patrimoine oral.
Peut-on se baigner dans le Goubet al-Kharab ?
La baignade se pratique dans les zones calmes, côté plage, et non dans la passe, où le courant est violent. Le catalogue décrit une plage de sable fin bordée d'eau turquoise, ce qui correspond aux secteurs abrités de l'anse. Restez prudent : il n'y a pas de surveillance établie, les fonds sont profonds à proximité immédiate du bord et le courant peut surprendre. Un masque et un tuba suffisent pour profiter des fonds.
Quelle est la profondeur du Goubet al-Kharab ?
L'anse atteint 200 mètres de profondeur selon le catalogue Dalmar, un chiffre que l'article consacré au Ghoubbet confirme. Ses parois rocheuses plongent directement dans la mer, sans plateau littoral étendu. C'est cette profondeur, combinée au passage des courants, qui explique la présence de poissons et de requins dans l'anse. La profondeur n'est pas une donnée de plongée : elle situe le site, elle ne décrit pas une sortie.
Les îles du Diable sont-elles accessibles ?
Deux îlots volcaniques émergent au milieu de l'anse : ce sont les îles du Diable, aux formes arrondies et d'altitude modeste. Le catalogue mentionne, sur les îlots, des coquilles d'huîtres et les instruments servant à les ouvrir, datés de plus de 6 000 ans selon ces mêmes données. L'accès se fait en bateau et dépend du courant. Nous ne disposons d'aucune information sur les conditions d'atterrissage.
Faut-il un bateau pour visiter le Goubet al-Kharab ?
Non, l'anse se découvre aussi depuis la route qui la surplombe : le catalogue et notre page sur le lac Assal signalent un belvédère, sur le trajet menant au lac. Le bateau reste nécessaire pour approcher les îles du Diable, pour la randonnée palmée et pour la pêche. Comptez un véhicule adapté si vous quittez le goudron : la piste demande un 4×4.
Sources
Localisation
Lat. 11.52529Long. 42.60053
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