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Assamo : l'aire protégée de l'antilope beira

Assamo, Ali-Sabieh

Assamo est une aire naturelle terrestre protégée de la région d'Ali-Sabieh, dans le sud-est de Djibouti, sur 15 kilomètres carrés. Elle constitue l'habitat de l'antilope beira (Dorcatragus megalotis), espèce endémique de la Corne de l'Afrique, petite antilope aux grandes oreilles dont seuls les mâles portent des cornes. Un campement écotouristique permet d'y dormir. La visite se fait avec un guide local, dans le cadre d'un séjour organisé depuis Djibouti-ville.

Qu’est-ce que l’aire protégée d’Assamo ?

Assamo est une aire naturelle terrestre protégée du sud-est de Djibouti, région d’Ali-Sabieh, sur une superficie de 15 kilomètres carrés. Le catalogue Dalmar la décrit comme un biotope indispensable au maintien d’une espèce : la beira.

Le milieu est celui d’une montagne aride : reliefs et plateaux rocailleux parsemés de buissons, associations végétales variées liées au contexte sec, oueds de sable blanc qui traversent des roches anciennes, calcaires, grès et rhyolites volcaniques. Le nom même du lieu vient de là : en afar, Assamo signifie « cheveux rouges », en référence à la couleur des montagnes.

L’aire protégée touche une zone frontalière avec l’Éthiopie et la Somalie, ce qui explique la composition de sa faune, mélange d’espèces des deux pays.

Pourquoi Assamo est-elle protégée ?

Parce qu’elle abrite la beira, une antilope endémique de la Corne de l’Afrique que l’on ne trouve qu’à Djibouti, en Somalie et en Éthiopie. L’aire constitue son habitat naturel, et la répartition des espèces végétales à l’intérieur du site forme avec elle une association étroite.

Le catalogue note que le site a conservé son authenticité et son intégrité malgré les effets du climat et les actions humaines, notamment l’abattage des arbustes. La situation reste fragile : l’espèce est en situation endémique, avec un faible nombre de groupes, et menacée par le braconnage et la chasse.

Le statut officiel a été obtenu en 2011 : c’est cette année-là que le gouvernement djiboutien a classé Assamo « aire naturelle terrestre protégée », à l’initiative de l’association Décan et de Beauval Nature. La chasse, la cueillette et l’arrachage des végétaux y sont interdits.

À quoi ressemble l’antilope beira ?

C’est une petite antilope : 80 à 86 centimètres de hauteur, de la famille des bovidés. Elle est l’unique représentante du genre Dorcatragus.

Ses traits les plus visibles sont ses grandes oreilles en forme de feuille. La tête est rouge-jaunâtre, soulignée de paupières noires et d’anneaux blancs autour des yeux. Le cou, le dos et la courte queue touffue sont gris-roux avec un reflet argenté. Seuls les mâles portent des cornes.

Repère Donnée Source
Région Ali-Sabieh, sud-est de Djibouti Catalogue Dalmar
Superficie de l’aire protégée 15 km² Catalogue Dalmar
Espèce emblématique Antilope beira (Dorcatragus megalotis) Catalogue Dalmar
Taille de la beira 80 à 86 cm Catalogue Dalmar
Statut du site Aire naturelle terrestre protégée depuis 2011 Beauval Nature
Gestion de terrain Association Décan, avec le soutien de Beauval Nature Beauval Nature
Distance depuis Djibouti-ville Environ 120 km Djibouti Nature
Capacité du campement 28 personnes, 5 chambres, 3 douches Catalogue Dalmar

Peut-on dormir à Assamo ?

Oui. Un campement écotouristique a été aménagé en périphérie de l’aire protégée, au lieu-dit Addaoua-Bouralé, à l’écart des axes routiers. Il compte cinq chambres, six foyers à barbecue et trois douches, pour une capacité de vingt-huit personnes, avec un éclairage solaire.

Le projet a une contrepartie économique claire : il a été réalisé par les bénévoles de l’association Décan en embauchant uniquement de la main-d’œuvre locale, et la totalité des recettes est réinvestie dans la protection des sites gérés par l’association, notamment pour assurer le salaire des gardiens. Le campement a été inauguré par le ministre de l’Environnement le 10 janvier 2016.

Concrètement, il s’agit d’un campement à l’ancienne : immersion complète dans le milieu, matériaux simples, confort réduit. Réservez à l’avance, confirmez ce qui est inclus (repas, transfert, draps, moustiquaire) et prévoyez du liquide. La page campements et écolodges explique comment ces structures fonctionnent et à quelles conditions elles se réservent.

Comment visiter Assamo ?

Le site se trouve à environ 120 kilomètres de Djibouti-ville, dans une zone frontalière, et le campement est implanté loin de tout axe routier. Nous ne publions pas de durée de trajet : les sources consultées ne la documentent pas, et elle dépend du véhicule, de l’état des pistes et du point de départ.

Trois principes valent mieux qu’un itinéraire improvisé :

  1. Passez par un séjour organisé ou par un opérateur qui connaît le secteur. Le catalogue Dalmar propose un package Assamo construit autour du campement.
  2. Prenez un guide local. Il sait où chercher la beira, mais aussi quelles zones éviter pour ne pas déranger un habitat déjà sous pression.
  3. Partez tôt le matin. C’est la fenêtre où la faune est active et où la chaleur reste supportable.

Côté saison, la fenêtre confortable dans cette partie du pays correspond à la saison fraîche : le détail mois par mois figure dans quand partir à Djibouti.

Quelles menaces pèsent sur le site ?

Le suivi de terrain décrit une pression constante. La principale menace documentée pour la beira est la dégradation de son habitat par le surpâturage. S’y ajoutent, selon les programmes de conservation, l’extraction industrielle de sable et de graviers, la déforestation pour le charbon de bois et les campements illégaux.

Les réponses sont concrètes mais limitées : un écogarde a été recruté et formé en 2022 pour sensibiliser les éleveurs et protéger les steppes de montagne de l’aire protégée, et des pièges photographiques ont permis de certifier la présence d’espèces discrètes — caracal, ratel, zorille — et une proportion de carnivores plus élevée que prévu, en particulier de hyènes rayées.

Pour le visiteur, cela se traduit par des règles simples : ne pas sortir des pistes, ne pas cueillir ni arracher de végétaux, ne pas nourrir ni poursuivre les animaux, et signaler toute observation suspecte à l’écogarde ou au guide.

Que peut-on observer d’autre à Assamo ?

Le secteur est surtout remarquable pour ses oiseaux. La position frontalière du site, entre Éthiopie et Somalie, produit un mélange d’espèces qui ne se retrouve pas ailleurs dans le pays : les oueds à acacias accueillent le crombec sittelle, la fauvette d’Arabie, l’agrobate podobé et le barbican barré, tandis que les zones à tamaris abritent des engoulevents.

C’est aussi le seul secteur de Djibouti où l’irrisor à cimeterre, le souimanga du Kenya et l’autour chanteur ont été observés. Côté mammifères, la zone héberge deux espèces mondialement menacées : la beira, vulnérable, et le léopard, en danger.

L’histoire de la beira à Assamo est celle d’une redécouverte : l’espèce y a été retrouvée en 1993 par Alain Laurent, dans le cadre d’un programme européen de recherche, après des années de prospection sur le terrain. C’est cette redécouverte qui a donné à la protection du site sa dynamique actuelle.

Pour prolonger la découverte du sud du pays, la fiche Grand Bara couvre la plaine voisine et ses gravures rupestres, et celle de Djibouti-ville donne les points de départ vers l’intérieur.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'antilope beira ?

Le beira (Dorcatragus megalotis) est une petite antilope de la famille des bovidés, seule représentante de son genre. Elle mesure 80 à 86 centimètres et se reconnaît à ses grandes oreilles en forme de feuille. Sa tête est rouge-jaunâtre, soulignée de paupières noires et d'anneaux blancs autour des yeux ; le cou, le dos et la courte queue touffue sont gris-roux à reflet argenté. Seuls les mâles portent des cornes.

Peut-on voir facilement la beira à Assamo ?

Non, et il vaut mieux le savoir avant de partir. La beira est une antilope discrète, de petite taille, qui vit dans des reliefs arides et rocailleux où elle se confond avec le terrain. La connaissance de sa population a d'ailleurs progressé grâce à des pièges photographiques plutôt qu'à des observations directes. Une sortie tôt le matin, avec un guide, améliore vos chances sans les garantir.

Où dormir à Assamo ?

Un campement écotouristique a été aménagé à Addaoua-Bouralé, à l'écart des axes routiers et en périphérie de l'aire protégée. Il dispose de cinq chambres, six foyers à barbecue et trois douches, pour une capacité de vingt-huit personnes, avec un éclairage solaire. Les recettes sont réinvesties dans la protection des sites gérés par l'association Décan, qui l'a réalisé avec des bénévoles et de la main-d'œuvre locale.

Comment se rendre à Assamo ?

Assamo se situe dans le sud-est du pays, à environ 120 kilomètres de Djibouti-ville, dans une zone qui touche l'Éthiopie et la Somalie. Le campement est implanté loin de tout axe routier : la visite suppose donc un véhicule adapté, un guide et une logistique préparée. C'est typiquement le type de site qui se rejoint dans le cadre d'un séjour organisé plutôt qu'en autonomie.

Quelles autres espèces peut-on observer à Assamo ?

Le secteur est surtout remarquable pour ses oiseaux : les oueds à acacias et les zones à tamaris accueillent une faune qui mêle espèces éthiopiennes et somaliennes, dont le crombec sittelle, la fauvette d'Arabie, l'agrobate podobé ou le barbican barré. Les pièges photographiques ont aussi confirmé la présence du caracal, du ratel et de la zorille, ainsi qu'une proportion élevée de hyènes rayées.

Sources

Localisation

Lat. 10.99963Long. 42.85457

Ouvrir la carte — Assamo