Abourma : les gravures rupestres du massif de Makarrassou

Abourma est le principal site d'art rupestre de Djibouti, sur le massif de Makarrassou, dans la région de Tadjourah. Des gravures s'alignent sur près de trois kilomètres de rochers basaltiques : figures humaines, animaux sauvages et domestiques, scènes de chasse et de combat. Le site ne se rejoint qu'à pied et se visite avec un guide local. La saison fraîche, d'octobre à février, est la période la plus confortable. Le catalogue Dalmar ne signale aucun aménagement d'accueil sur place.
Où se situe le site d’Abourma ?
Abourma occupe le massif de Makarrassou, dans le nord de Djibouti, région de Tadjourah. Le catalogue Dalmar rattache le site au lieu-dit Makarrassou et place ses coordonnées à 11,905 N et 42,482 E. Le secteur se trouve à l’écart des axes principaux, du côté de Randa.
Le site ne se présente pas comme un abri unique que l’on visite en un quart d’heure, mais comme un long parcours : les panneaux se succèdent sur près de trois kilomètres, sur des falaises à l’ouest d’un oued. C’est cette étendue qui explique la durée réelle d’une visite sérieuse, et la nécessité de choisir ce que l’on veut voir.
Que voit-on sur les rochers ?
Il s’agit de gravures, et non de peintures : les figures sont entaillées dans la roche basaltique. Les thèmes sont variés. On y reconnaît des figures humaines en action, des animaux sauvages et domestiques, des scènes de chasse et de combat. L’ensemble traduit les comportements, la stratification sociale et l’organisation d’une vie pastorale aujourd’hui disparue.
Le catalogue Dalmar insiste sur un point qui change la lecture du paysage : la présence massive d’animaux sauvages et domestiques gravés sur ces rochers témoigne d’un climat humide à l’époque de leur réalisation, avec des plaines arborées et verdoyantes. Ce que vous parcourez aujourd’hui est donc un paysage récent à l’échelle de l’histoire humaine.
Le catalogue propose une comparaison avec les gravures du Valcamonica, en Italie, où des centaines de milliers de signes ont été gravés pendant huit millénaires. La comparaison vaut comme repère de ce qu’est un très grand ensemble rupestre ; Abourma est un site de dimension régionale, mais c’est le plus important que Djibouti ait documenté.
Comment se rendre à Abourma ?
Le point à retenir est simple : le site n’est pas accessible en véhicule jusqu’aux panneaux. La marche finale se fait à pied, depuis le village de Giba Gebiley, au nord de Randa. Il faut donc un véhicule pour rejoindre le secteur, puis une progression à pied.
Cette contrainte explique la deuxième règle : on visite avec un guide local. Le catalogue Dalmar le recommande explicitement. Les panneaux sont dispersés et rien sur place ne les signale ; sans accompagnement, on traverse un chaos de rochers sans voir autre chose que les figures les plus évidentes.
| Repère | Donnée | Source |
|---|---|---|
| Région | Tadjourah, nord de Djibouti | Catalogue Dalmar |
| Massif | Makarrassou | Catalogue Dalmar |
| Coordonnées du site | 11,905 N — 42,482 E | Catalogue Dalmar |
| Nature | Gravures sur rochers basaltiques | Catalogue Dalmar |
| Étendue gravée | Près de 3 km, à l’ouest d’un oued | Catalogue Dalmar et ANT |
| Panneaux recensés | Environ 930, d’après la documentation publiée | Wikipédia (art. « Abourma ») |
| Thèmes | Figures humaines, animaux sauvages et domestiques, chasse, combat | Catalogue Dalmar |
| Accès | À pied depuis Giba Gebiley, au nord de Randa | Wikipédia (art. « Abourma ») |
| Saison conseillée | Octobre à février | Catalogue Dalmar |
| Statut | Inscrit sur la liste indicative du patrimoine mondial | Wikipédia (art. « Abourma ») |
Quelle est la meilleure période pour visiter Abourma ?
D’octobre à février. La saison fraîche est la seule fenêtre vraiment confortable pour marcher plusieurs heures sur de la roche sombre, sans ombre et sans point d’eau.
En mars et en avril, la chaleur devient pénible dès la matinée. De mai à septembre, la combinaison de la roche basaltique, du soleil et de l’absence d’abri rend la progression éprouvante. Quelle que soit la saison, partez tôt et prévoyez une marge : sur ce type de terrain, une visite qui traîne se termine mal.
Le site est-il protégé ?
Abourma figure sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO pour Djibouti. Le catalogue Dalmar note que le site a conservé son intégrité malgré l’effet du temps et du changement climatique, et que des actions de réhabilitation et de conservation ne peuvent que contribuer à préserver les gravures.
Cette inscription ne se traduit, sur place, par aucun dispositif de protection décrit dans nos sources. Les règles élémentaires restent donc celles du visiteur :
- Ne pas toucher la roche gravée. Le frottement efface le contraste entre la patine et le trait.
- Ne pas mouiller ni frotter les panneaux pour les faire ressortir sur une photo : c’est le geste qui abîme le plus vite une gravure.
- Ne pas monter sur les surfaces gravées, ni déplacer les pierres.
- Ne rien emporter : ni éclat de roche, ni objet trouvé sur place.
- Signaler les dégradations à votre guide ou à l’ANT, plutôt que de les contourner.
Que faut-il prévoir sur place ?
Le catalogue ne mentionne aucun aménagement d’accueil sur le site : ni billetterie, ni point d’eau, ni ombrage. La visite se prépare donc comme une randonnée en milieu aride.
| À prévoir | Pourquoi |
|---|---|
| Trois litres d’eau par personne au minimum | Aucun point de ravitaillement documenté sur le site |
| Chaussures fermées montantes | Rochers basaltiques coupants, terrain instable |
| Chapeau, lunettes, protection solaire | Aucune ombre naturelle sur le parcours |
| Un véhicule adapté au secteur | L’accès final se fait à pied, mais le secteur reste isolé |
| Un guide local | Les panneaux ne sont pas signalés sur place |
| De l’argent liquide | Le paiement électronique est très limité hors de la capitale |
Pour préparer le reste du séjour, la fiche Tadjourah couvre l’arrière-pays de la région, et la page campements et écolodges recense les hébergements réels du secteur. Si vous cherchez d’autres témoignages d’art rupestre, le Grand Bara en abrite un ensemble daté, plus accessible ; la forêt du Day et ses villages complètent une même journée dans l’arrière-pays de Tadjourah. Enfin, la page quand partir à Djibouti détaille mois par mois la fenêtre d’octobre à février.
Questions fréquentes
Combien de panneaux gravés compte le site d'Abourma ?
La documentation publiée sur le site mentionne environ 930 panneaux gravés, répartis sur près de trois kilomètres de falaises, à l'ouest d'un oued. Il s'agit d'un ordre de grandeur issu des travaux de recherche, et non d'un inventaire officiel affiché sur place. Prévoyez donc du temps si vous voulez voir autre chose que les ensembles les plus accessibles, et demandez à votre guide de vous montrer les panneaux les plus lisibles.
Comment accède-t-on aux gravures d'Abourma ?
Le site n'est pas desservi par la route : l'accès final se fait à pied, depuis le village de Giba Gebiley, au nord de Randa. Il faut donc un véhicule pour rejoindre le secteur, puis une marche accompagnée d'un guide qui connaît l'emplacement des panneaux. Le catalogue Dalmar recommande cette formule, et elle reste la seule manière de comprendre ce que l'on regarde sur la roche.
Quelle est la meilleure période pour visiter Abourma ?
La saison fraîche, d'octobre à février, est la plus confortable. Le site est un chaos de rochers basaltiques sans ombre : en mars et en avril la chaleur devient pénible dès la matinée, et de mai à septembre la marche sur la roche noire est réellement éprouvante. Partez tôt, emportez plus d'eau que prévu et couvrez-vous la tête.
Pourquoi les gravures d'Abourma sont-elles importantes ?
Elles documentent une société pastorale et guerrière disparue. La variété des thèmes, humains en action, animaux sauvages et domestiques, scènes de chasse et de combat, renseigne sur les comportements, la stratification sociale et l'organisation de la vie pastorale. La présence de grands animaux sauvages gravés indique qu'à l'époque de leur réalisation le climat était plus humide qu'aujourd'hui, avec des plaines arborées.
Faut-il un guide pour visiter Abourma ?
Oui, c'est la condition pratique de la visite. Les panneaux sont dispersés sur plusieurs kilomètres de rochers qui se ressemblent, et rien sur place ne les signale ni ne les explique. Un guide local vous conduit aux ensembles les plus lisibles et vous aide à distinguer les figures. Il vous rappellera aussi les règles : ne pas toucher la roche, ne pas la mouiller, ne rien emporter.
Sources
- Agence Nationale du Tourisme de Djibouti — les découvertes archéologiques
- Wikipédia — Abourma (site d'art rupestre) : source lisible du décompte d'environ 930 panneaux
- Benoît Poisblaud, « Les hommes d'Abourma (République de Djibouti) », L'Anthropologie, 2009 (étude de référence, consultée indirectement)
Localisation
Lat. 11.90506Long. 42.48165
Destinations





