Ali-Sabieh : la région du sud-est, sites et campements

La région d'Ali-Sabieh occupe le sud-est de Djibouti, le long des frontières somalienne et éthiopienne. Son chef-lieu, Ali-Sabieh, est desservi par le train et par la route. La région regroupe cinq destinations répertoriées : l'aire naturelle protégée d'Assamo et son antilope Beira, deux campements, la plaine du Grand Bara et ses gravures rupestres, et le viaduc ferroviaire de Holl Holl. Le village médiéval de Daasbiyo et sa grotte complètent l'ensemble.
Où se situe la région d’Ali-Sabieh ?
La région d’Ali-Sabieh occupe le sud-est de Djibouti. Elle s’étend le long de la frontière avec la Somalie et l’Éthiopie, et confine à la région de Dikhil à l’ouest et à celle d’Arta au nord. Son chef-lieu porte le même nom : la ville d’Ali-Sabieh, qui fait figure de deuxième centre économique du pays. Le point culminant de la région est le massif d’Arrei.
Deux faits structurent ce territoire, et tous deux se lisent encore sur place.
Le rail. Ali-Sabieh est surnommée « la ville du train ». L’ancienne ligne djibouto-éthiopienne y a laissé des gares et des ouvrages d’art, dont le viaduc de Holl Holl ; la région se rejoint d’ailleurs en train depuis la gare de Nagad, et les anciennes gares jalonnent encore le parcours.
La frontière. La région est une zone de passage. La ville s’est construite comme poste de contrôle, et il en reste des vestiges défensifs : au col d’Ambokta, à l’entrée d’Ali-Sabieh, une forteresse édifiée pour parer une attaque italienne venue d’Éthiopie pendant la Seconde Guerre mondiale, réhabilitée depuis par une association locale.
Que voir dans la région d’Ali-Sabieh ?
| Destination | Ce qu’on y trouve | Région administrative | Fiche |
|---|---|---|---|
| Assamo | Aire naturelle terrestre protégée, habitat de l’antilope Beira | Ali-Sabieh | Fiche Assamo |
| Campement d’Assamo | Écolodge en périphérie de l’aire protégée, à Addaoua-Bouralé | Ali-Sabieh | Côté Dalmar |
| Campement de Dhaydhan | Site écotouristique à une dizaine de kilomètres d’Ali-Sabieh | Ali-Sabieh | Côté Dalmar |
| Grand Bara | Plaine semi-désertique, gravures rupestres et char à voile | Ali-Sabieh et Dikhil | Fiche Grand Bara |
| Viaduc de Holl Holl | Ouvrage de l’ancienne ligne djibouto-éthiopienne | Ali-Sabieh | Côté Dalmar |
| Daasbiyo | Village médiéval encore habité et grotte à peintures rupestres | Ali-Sabieh | Fiche Daasbiyo |
Les liens « côté Dalmar » renvoient aux fiches du catalogue de réservation, qui documente chaque lieu séparément.
La plaine du Grand Bara
Le Grand Bara est une plaine semi-désertique dont la notoriété tient à un site d’art rupestre : les rochers basaltiques de Bara portent des gravures représentant éléphants, oryx et girafes, datées de 3000 à 2000 avant notre ère. Sa surface plane et ventée accueille aussi la pratique du char à voile. La plaine est répertoriée dans la région d’Ali-Sabieh et dans celle de Dikhil, parce qu’elle s’étend de part et d’autre de leur limite administrative : le catalogue en porte donc deux enregistrements, un par région.
Le village médiéval de Daasbiyo
À l’intérieur des terres, le village de Daasbiyo est présenté par l’Agence nationale du tourisme comme la localité où se déroule chaque année une marche à dos de dromadaire qui gagne le chef-lieu, la ville d’Ali-Sabieh. Le village a joué un rôle dans les échanges entre les ports de Zeila et l’arrière-pays, et son territoire concentre des vestiges funéraires. Sa grotte, à peintures rupestres, se visite sur place.
Le viaduc de Holl Holl
Holl Holl se trouve sur l’ancienne ligne ferroviaire et sur l’axe routier qui descendent vers le sud. Le catalogue y retient un viaduc, ouvrage d’art de l’ancienne ligne djibouto-éthiopienne. À voir comme un témoin de l’infrastructure ferroviaire ancienne, au même titre que les gares abandonnées du parcours.
Que protège l’aire naturelle d’Assamo ?
L’aire naturelle terrestre protégée d’Assamo existe pour une seule raison : le Beira. Cette petite antilope, Dorcatragus megalotis, mesure 80 à 86 centimètres, porte de grandes oreilles en forme de feuille, et seuls les mâles sont cornus. Elle ne vit que dans les reliefs arides et montagneux de la Corne de l’Afrique — Djibouti, Somalie, Éthiopie — et ses effectifs sont fragmentés.
L’espèce a été redécouverte dans le secteur en 1993, alors qu’on la croyait disparue. Un campement écotouristique a ensuite été construit à Addaoua-Bouralé, en périphérie de l’aire protégée, avec de la main-d’œuvre locale et un éclairage solaire ; il a été inauguré le 10 janvier 2016 et ses recettes financent la protection des sites. Le village d’Assamo tire son nom de la couleur de ses montagnes, un mot afar qui signifie « cheveux rouges ».
En pratique, une visite à Assamo se fait avec un guide : les beiras sont farouches, les pistes ne sont pas balisées et la zone est protégée.
Comment se rendre dans la région d’Ali-Sabieh ?
| Moyen | Ce que l’ANT publie | Remarque |
|---|---|---|
| Train | Billet Ali-Sabieh à 400 Fdj (Djiboutiens) et 3 200 Fdj (visiteurs étrangers) | Départ les jours pairs à 8 h, être à Nagad deux heures avant |
| Bus | 600 Fdj la place | Liaison quotidienne depuis Djibouti-ville |
| Voiture | Route nationale 1 | Formule la plus souple pour enchaîner les sites |
Le train est l’option la plus singulière : la ligne franchit des ouvrages d’art et dessert des gares qui ont structuré le peuplement du sud. Pensez à acheter votre billet la veille. Pour le détail des liaisons ferroviaires, voir la page transport en train vers l’Éthiopie.
En voiture, la nationale 1 descend vers le sud et dessert Ali-Sabieh, Daasbiyo et le Grand Bara. Une fois sorti du goudron, tout se fait sur piste : les accès à l’aire protégée d’Assamo et aux campements demandent un véhicule adapté et un chauffeur qui connaît le secteur. Pour les sorties hors des axes, voir location de 4×4 avec chauffeur.
Où dormir dans la région d’Ali-Sabieh ?
L’offre est réduite, et c’est le principal facteur limitant d’un séjour dans la région. Trois familles d’hébergement ressortent des sources consultées :
- Les hôtels d’Ali-Sabieh. L’Agence nationale du tourisme en recense quatre dans la ville, dont l’auberge de la Palmeraie, présentée comme la plus ancienne, au pied du mont Drapeau.
- Le campement d’Assamo. Cinq chambres, six foyers à barbecue et trois douches, pour vingt-huit personnes au total, à Addaoua-Bouralé, loin de tout axe routier.
- Le site de Dhaydhan. Des toukouls traditionnels équipés de lits avec moustiquaire, à une dizaine de kilomètres d’Ali-Sabieh, avec restauration sur commande préalable.
Le catalogue de réservation documente les campements, mais l’hébergement urbain de la région y est peu représenté : prenez vos dispositions avant de partir plutôt qu’à l’arrivée.
Quand partir dans le sud-est ?
| Période | Ce que cela implique sur place |
|---|---|
| Novembre – février | Période la plus confortable pour les sites de plein air |
| Mars – avril | Encore praticable, avec des journées qui se réchauffent |
| Mai – septembre | À éviter pour la marche et les sites sans ombre |
| Octobre – novembre | Reprise progressive, bonne fenêtre |
La région est intérieure, sans la brise marine de la côte : les sites se visitent tôt le matin et en fin d’après-midi. Aucun des lieux décrits ici n’offre d’ombre naturellement — la plaine du Grand Bara encore moins que les autres. Calez donc votre venue sur la saison fraîche, et gardez les sites extérieurs pour les premières heures de la journée.
Que faut-il savoir avant de partir ?
- Prévoyez du liquide. Les banques et les bureaux de change se trouvent surtout dans la capitale ; les campements et les petits commerces travaillent en espèces.
- Emportez votre eau pour la journée. Les sites sont isolés, sans commerce à proximité, et la marche se fait sans ombre.
- Réservez vos nuits et vos guides. Les capacités sont faibles : un campement de vingt-huit places se remplit vite, surtout en saison fraîche.
- Restez sur les traces de votre guide autour d’Assamo : la zone est protégée, et les beiras supportent mal le dérangement.
- Demandez avant de photographier. La région est rurale ; les habitants, les campements et les troupeaux ne sont pas un décor.
- Vérifiez vos formalités de visa avant le départ si vous prolongez votre itinéraire vers l’Éthiopie.
La région fonctionne comme une excursion de deux jours depuis Djibouti-ville, ou comme une étape sur un itinéraire qui descend vers le sud. Elle se combine naturellement avec la région de Dikhil et le lac Abbé, et avec une journée à Djibouti-ville avant ou après le trajet.
Questions fréquentes
Que voir dans la région d'Ali-Sabieh ?
Cinq sites sont répertoriés au catalogue. L'aire naturelle protégée d'Assamo, qui abrite l'antilope Beira, espèce menacée de la Corne de l'Afrique. Le campement écotouristique d'Assamo, en périphérie de cette aire, et celui de Dhaydhan, à une dizaine de kilomètres d'Ali-Sabieh. La plaine du Grand Bara, ses gravures rupestres et son terrain de char à voile. Le viaduc de Holl Holl, ouvrage de l'ancienne ligne ferroviaire djibouto-éthiopienne.
Comment rejoindre Ali-Sabieh depuis Djibouti-ville ?
Trois solutions. En train sur l'ancienne ligne djibouto-éthiopienne : l'Agence nationale du tourisme publie un billet à 400 francs Djibouti pour les Djiboutiens et 3 200 pour les visiteurs étrangers, avec un départ tous les jours pairs à 8 heures et une présence demandée à Nagad deux heures avant. En bus, à 600 francs Djibouti. Ou par la route nationale 1, en voiture.
Qu'est-ce que l'antilope Beira ?
Le Beira, de son nom scientifique Dorcatragus megalotis, est une petite antilope de 80 à 86 centimètres, aux grandes oreilles en forme de feuille. Seuls les mâles portent des cornes. L'espèce vit uniquement dans les reliefs arides et montagneux de la Corne de l'Afrique : Djibouti, Somalie et Éthiopie. L'aire naturelle protégée d'Assamo, dans la région d'Ali-Sabieh, est l'un de ses rares habitats préservés.
Peut-on dormir dans la région d'Ali-Sabieh ?
Les possibilités existent mais restent limitées, et il vaut mieux réserver avant d'arriver. L'Agence nationale du tourisme recense quatre hôtels à Ali-Sabieh, dont l'auberge de la Palmeraie, la plus ancienne de la ville. À l'écart, le campement d'Assamo aligne cinq chambres, six foyers à barbecue et trois douches, pour vingt-huit personnes au total. Le site de Dhaydhan propose des toukouls traditionnels et des repas sur commande.
Le Grand Bara se trouve-t-il dans la région d'Ali-Sabieh ?
La plaine du Grand Bara est répertoriée à la fois dans la région d'Ali-Sabieh et dans celle de Dikhil, parce qu'elle s'étend de part et d'autre de leur limite administrative. Le catalogue de Dalmar porte donc deux enregistrements du même lieu, un par région. En pratique, le site des gravures se rejoint depuis Ali-Sabieh comme depuis Dikhil, et la plaine est traversée par la route qui relie le sud du pays.
Sources
- Agence Nationale du Tourisme de Djibouti — infos utiles (bus régionaux, train, tarifs)
- Agence Nationale du Tourisme de Djibouti — région d'Ali-Sabieh et campement de Dhaydhan
- Agence Nationale du Tourisme de Djibouti — la grotte de da'asbiyo
- Wikipédia — région d'Ali-Sabieh
- Wikipédia — Ali Sabieh Region (limites administratives)
- Banque mondiale — étude d'impact du corridor électrique Galafi-Nagad (patrimoine, sites archéologiques)
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