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Dikhil : la région du sud-ouest, sites et itinéraires

Dikhil, chef-lieu de la région de Dikhil, Djibouti

La région de Dikhil occupe le sud-ouest de Djibouti, le long de la frontière éthiopienne. Elle a pour chef-lieu la ville de Dikhil et regroupe trois destinations répertoriées : le lac Abbé et ses cheminées de calcaire, la plaine du Grand Bara, et le site archéologique de Handoga. C'est aussi la région la plus riche en vestiges préhistoriques du pays, avec Asa Koma, Asa Ragid et les tumulus du bassin du Gobaad.

Où se situe la région de Dikhil ?

La région de Dikhil occupe le sud-ouest de Djibouti. Elle est bordée par la région de Tadjourah au nord-est, celle d’Arta à l’est et celle d’Ali-Sabieh à l’est-sud-est. À l’ouest et au sud, elle bute sur la frontière éthiopienne, face aux régions Afar et Somali. Son chef-lieu, la ville de Dikhil, se trouve à l’ouest du pays, à une dizaine de kilomètres de l’Éthiopie.

La région est la plus vaste des six que compte le pays, et la plus contrastée. Elle contient à la fois une ville historique, une dépression salée transfrontalière, une plaine semi-désertique et plusieurs gisements préhistoriques majeurs. C’est aussi la région où la contrainte de distance se fait le plus sentir : les sites ne s’enchaînent pas, ils se méritent.

La ville de Dikhil est traversée par l’oued Chekkeyti — aussi écrit Chekheyti —, qui draine les plateaux d’Oukoula et s’écoule vers le nord en direction du graben de Hanlé. Elle s’est développée comme siège du sultanat afar de Goba’ad : le sultan Hummad Lo’oyta y a signé, le 11 mars 1862, le premier traité d’amitié qui la liait à la France. Au Moyen Âge, la région relevait des sultanats d’Ifat et d’Adal.

Une confusion fréquente : Balho

Balho est parfois rattaché à la région de Dikhil. C’est une erreur. Le village de Balho se trouve dans la région de Tadjourah, sur la route nationale 11 qui relie Tadjourah à la frontière éthiopienne, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Dorra. L’origine probable de la confusion est une phrase de la page Wikipédia consacrée à la région de Dikhil, où il est question d’un monticule funéraire de Balho — mais dans un paragraphe qui traite des cairns répandus dans tout le pays, et non d’un site du Dikhil. Consultez la fiche Balho si c’est ce village que vous cherchez.

Que voir dans la région de Dikhil ?

Destination Ce qu’on y trouve Accès Fiche
Lac Abbé Lac salé transfrontalier, cheminées de calcaire, bivouac Piste, 4×4 indispensable Fiche lac Abbé
Grand Bara Plaine semi-désertique, gravures rupestres, char à voile Route puis piste Fiche Grand Bara
Handoga Agglomération de cases circulaires en pierre, près de l’oued Chekkeyti Piste, avec guide Côté Dalmar
Ville de Dikhil Chef-lieu historique, oued Chekkeyti, point de départ Route nationale 1

Le lac Abbé concentre l’essentiel de l’offre du catalogue pour la région : c’est lui qui justifie à lui seul un déplacement de deux jours, et la page qui lui est consacrée détaille sa géologie, son bivouac et sa saison.

Le Grand Bara est répertorié à la fois dans la région de Dikhil et dans celle d’Ali-Sabieh : la plaine s’étend de part et d’autre de leur limite administrative, et le catalogue de Dalmar en porte deux enregistrements, un par région. En pratique, on y accède depuis les deux côtés.

Handoga est le troisième site répertorié. Il se trouve près de l’oued Chekkeyti, au sud-ouest de Dikhil : une agglomération d’une centaine de cases circulaires en pierre équarrie, datées de 4000 à 3000 avant notre ère. Les fouilles menées à partir de 1986 y ont repoussé l’occupation du secteur au troisième ou quatrième millénaire avant notre ère.

Que racontent les sites archéologiques du Dikhil ?

C’est sans doute ce qui distingue le plus nettement la région des circuits balnéaires du nord : elle rassemble plusieurs des gisements préhistoriques documentés du pays, dont voici les principaux.

Site Ce qu’on y a trouvé Datation publiée
Handoga Une centaine de cases circulaires en pierre équarrie 4000 à 3000 avant notre ère
Asa Koma Sépulture, poteries décorées, perles, outils en obsidienne et en os Fin du troisième millénaire
Asa Ragid Coquilles d’huîtres, structures circulaires en pierre, industrie microlithique Jusqu’à 5000-5800 avant notre ère
Anabo Koma Fossiles de faune pléistocène Pléistocène
Chekeyti-3 Ossements d’hippopotames, industrie lithique Paléolithique inférieur

Asa Koma, la « colline rouge », se trouve près d’Eyla. Le site a livré une population de pêcheurs qui chassait le chacal, élevait du bétail et produisait des poteries décorées, aux formes et aux couleurs comparables à des céramiques retrouvées au Soudan. En 1989, on y a mis au jour la sépulture d’un adulte âgé et d’une jeune femme. Le mobilier associe outils en obsidienne et en os, perles en coquille d’œuf d’autruche et coquillages de la mer Rouge.

Asa Ragid est plus ancien encore : coquilles d’huîtres, pics de rhyolite basaltique, structures circulaires en pierre et industrie microlithique en jaspe rouge et obsidienne.

À cela s’ajoutent les tumulus, appelés localement awellos. Ces complexes funéraires anciens, faits de roches volcaniques noires, sont surtout concentrés près de Randa dans la région de Tadjourah, près de Daasbiyo dans celle d’Ali-Sabieh, et dans le bassin du Gobaad, du côté du lac Abbé. Ils figurent sur la liste indicative nationale des biens proposés au patrimoine mondial de l’UNESCO, et sont menacés par les pillages.

Ces sites se visitent avec un guide : les vestiges se lisent mal sans quelqu’un qui les connaît, et l’on n’y touche rien. Voir aussi la région d’Ali-Sabieh pour les vestiges de l’autre versant.

Comment se rendre dans la région de Dikhil ?

Moyen Ce que l’ANT publie Remarque
Bus 700 Fdj la place Liaison quotidienne avec Djibouti-ville
Voiture Route nationale 1 vers Galafi Axe goudronné desservant la ville
Avion Petit aéroport à Dikhil La ville est reliée quotidiennement à la capitale par car
4×4 Piste vers le lac Abbé Chauffeur et véhicule adaptés indispensables

La nationale 1 est l’axe structurant : elle relie Djibouti-ville à Galafi, à la frontière éthiopienne, et dessert Dikhil en chemin. C’est sur cette route que se greffent les accès au Grand Bara, puis la piste qui descend vers le lac Abbé.

Au-delà du goudron, la région change de nature. La piste vers le lac Abbé est le point critique de tout itinéraire dans le Dikhil : sable, passages d’oued et absence de repères. Elle se parcourt avec un 4×4 et un chauffeur qui connaît le secteur — voir location de 4×4 avec chauffeur.

Quand partir dans la région de Dikhil ?

Période Ce que cela implique sur place
Novembre – février Fenêtre de référence pour le lac Abbé et les sites de plein air
Mars – avril Transition acceptable, journées déjà chaudes
Mai – septembre À éviter : piste éprouvante et bivouac inconfortable
Octobre – novembre Reprise progressive, bonne fenêtre

La dépression du Gobaad retient la chaleur, et la piste y devient vite éprouvante en été. En saison fraîche, les nuits du bivouac deviennent supportables, et la lumière du matin détache nettement les cheminées de calcaire comme les reliefs de la plaine. Le calendrier général du pays est détaillé sur la page quand partir à Djibouti.

Que faut-il savoir avant de partir ?

  • Prévoyez large sur le carburant et l’eau. Les étapes sont longues, et les points de ravitaillement rares sur la piste qui mène au lac Abbé.
  • Emportez du liquide. Les banques et les bureaux de change se trouvent surtout dans la capitale ; comptez en francs Djibouti.
  • Partez avec un guide pour les sites archéologiques. Handoga et les gisements du secteur ne se lisent pas sans explication, et aucune signalisation n’y est documentée.
  • Ne prélevez rien. Tessons, perles, ossements et pierres de tumulus appartiennent au patrimoine national ; les awellos sont déjà menacés par les pillages.
  • Anticipez la saison. En été, un itinéraire non préparé vers le lac Abbé tourne court.
  • Vérifiez vos formalités de visa si vous enchaînez votre itinéraire vers l’Éthiopie : la frontière est proche et les règles changent selon le poste.

La région se combine naturellement avec une journée à Djibouti-ville avant le départ, et avec la région d’Ali-Sabieh sur le chemin du retour.

Questions fréquentes

Que voir dans la région de Dikhil ?

Trois destinations sont répertoriées. Le lac Abbé, ses cheminées de calcaire et son bivouac, à la frontière éthiopienne. La plaine du Grand Bara, partagée avec la région d'Ali-Sabieh, et son site de gravures rupestres. Le site archéologique de Handoga, près de l'oued Chekkeyti, occupé du quatrième au troisième millénaire avant notre ère. La ville de Dikhil, ancien siège du sultanat afar de Goba'ad, sert de point de départ.

Comment se rendre à Dikhil depuis Djibouti-ville ?

Par la route nationale 1, qui relie la capitale à Galafi, à la frontière éthiopienne, et traverse la ville de Dikhil. Des cars assurent quotidiennement la liaison avec Djibouti-ville ; l'Agence nationale du tourisme publie un tarif de bus de 700 francs Djibouti pour cette destination. La ville dispose aussi d'un petit aéroport. Au-delà, vers le lac Abbé, la piste impose un 4×4 et un chauffeur expérimenté.

Quels sites archéologiques peut-on voir dans la région ?

La région est la plus dense du pays en vestiges. Handoga, près de Dikhil, aligne une centaine de cases circulaires en pierre équarrie datées de 4000 à 3000 avant notre ère. Asa Koma, près d'Eyla, a livré une sépulture et un mobilier du troisième millénaire. Asa Ragid a fourni des coquilles d'huîtres, des structures circulaires en pierre et une industrie microlithique. Le bassin du Gobaad abrite aussi des tumulus, ou awellos.

Faut-il un 4×4 pour parcourir la région de Dikhil ?

Cela dépend de l'objectif. La ville de Dikhil et l'axe de la nationale 1 sont goudronnés et se parcourent en voiture ordinaire, avec des cars quotidiens depuis la capitale. Le lac Abbé, en revanche, exige un 4×4 et un chauffeur qui connaît la piste : le sable, les passages d'oued et l'absence de repères interdisent l'improvisation. La plupart des sites archéologiques isolés demandent la même préparation.

Quelle est la meilleure période pour visiter la région de Dikhil ?

De novembre à février. La région est intérieure et le fond de la dépression du Gobaad compte parmi les secteurs les plus chauds du pays : en été, la piste vers le lac Abbé devient éprouvante et le bivouac inconfortable. La saison fraîche rend les nuits supportables et la lumière rasante du matin met en valeur les cheminées de calcaire comme les reliefs de la plaine du Grand Bara.

Sources